lundi 2 avril 2012
ces derniers jours
ces derniers jours, on a emménagé dans un petit appartement temporaire et meublé. On a pu trois fois une demi-heure remonter chez nous. Maintenant la zone est bouclée pour plus d'un mois pour le désamiantage. On attend.
on ne savait pas trop quoi prendre. A la dernière minute, voilà ce que dans mon sac, j'ai enfoui. [5]
on est à 1 km du Corbu mais on voit Marseille différemment. Quand lycéenne, j'allais à pied à Marseilleveyre, je passais par là : c'était un champ, aujourd'hui il y a plein d'immeubles. C'est étrange d'habiter pour un temps ici.
on est du coup enfin allé au MAC [3]. On a rigolé en pensant à Hervé perdu parmi les boulomanes marseillais.
ces derniers jours on s'est rendu compte que l'épicerie était finalement une fabrique transportable, une idée adapatable, un projet qu'on allait continuer même s'il vient de prendre un gros coup dans le nez.
notre petit dernier sur la politique nous a portés et l'accueil si chaleureux et bienveillant des libraires et des lecteurs : le petit mot glissé avec les commandes, les petits plus, les facilités pour nous aider !
on a reçu des merveilles natabricolées [4][6]qui nous réchauffent, un petit lagouin qui recommence avec bonheur une bibliothèque sinistrée, des laines douces, des cadeaux jolis, des habits de prince (non, de magicien dit Matteo)[2], de l'aide et des bons tuyaux dans le réseau,
on a eu de l'aide de gens que l'on remercie du fond du coeur.
ces derniers jours on a écouté le monde, on s'est dit qu'il faut donc continuer à faire ce que l'on fait. Même à notre toute petite échelle. Aller encore plus loin dans l'idée. Parler, expliquer, réfléchir, voir l'envers du monde et le dessous des cartes quand l'émotion est passée. Ne pas céder aux conclusions faciles, aux idées reçues, au confort de l'unifactorialité.
ces derniers jours, on tire aujourd'hui peu à peu les leçons, les conclusions de ce qui nous est arrivé. ce qu'il en reste aujourd'hui c'est l'aventure humaine et finalement un constat bien commun. Quelque chose du genre : il y a parfois des gens moches, y a surtout des gens bien. Pour le reste, on n'est pas étonné, tu te sors des galères quand tu es bien né. J'ai écrit, dans ma tête, des billets pour expliquer ça des nuits entières mais finalement, je suis fatiguée et je n'ai plus trop envie d'en parler.
on a regardé ça, on a arrêté de chouiner sur nous.
on se regarde souvent en se disant que finalement cette histoire nous ressemble. A lui, à moi et à nous trois à la fois. et comme tous ces trucs étranges qui nous sont arrivés, c'est comme un beau rempart contre la morosité, la médiocrité, l'endormissement, la vie plan-plan. je crois que même si on la voulait cette vie-là, il y a toujours une force qui nous empêcherait d'y accèder. on avance en se disant que marcher c'est passer d'un déséquilibre à un autre. On se déséquilibre pas mal mais on retombe sur nos pattes et en fait, on adore l'idée.
ces derniers jours, c'est un ciment incroyable entre nous.
ces derniers jours on s'est mis à chercher un nouvel endroit où l'on pourra définitivement se poser. C'est aussi excitant et amusant.
on nous a proposé un truc très chouette dans la campagne, on s'est demandé si le monument historique était une fatalité, on a décidé que non, ce n'était pas une obligation ;-) mais on a quand même beaucoup aimé
et depuis on a presque trouvé un nouvel endroit
avec un lourd sentiment d'infidélité
mais ne t'inquiète pas, toi, ton toit, tes couchers de soleil, tes portes colorées tu nous manqueras terriblement pendant encore longtemps. On n'est pas près de t'oublier.[1]
[1] Toi, mon toit

[2] Mat, en[maison]bastillé

[3] mic MAC

[4] natabricolée et GIMPbricolée

[5] Prenez deux, trois affaires. Ce à quoi vous tenez. L'épicerie enGREnouillée.

[6] Nous le coeur réchauffé et natabricolé.
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Commentaires
Comment ça infidèles ? Voici une réalité bien complexe. Infidèle.... Tiens cela pourrait faire l'objet d'un livre d'épiciers : travailler cette polysémie. Seriez-vous des mécréants ? .... hihi (moi la foi ce n'est pas mon fort). Ou bien êtes-vous plutôt des routiers, des aventuriers, des promeneurs ? Vous ne perdez pas la foi corbusienne, vous construisez votre vie avec les aléas qu'elle trace.
Bon attendant toute cette vie est chouette. Vous la prenez, vous ne la laissez pas passer. Ne pas être trop éloignés de la "maison" veut dire pouvoir aller à l'école, aller chez les copains. C'est le paradoxe de la "solution de continuité"...
J'aime bien le carnet de la Gre. ET j'aime beaucoup la photo des zamoureux, je la pique pour mon disque dur (ou drû, hihi). J'adore Mat' emmarié envolant.Je viens juste de découvrir votre histoire, par un passage chez Maison Bastille...
Et, même si je ne vous connais pas, je suis heureuse de savoir que vous allez bien, aussi bien que possible en pareille circonstance.
J'ai toujours eu envie de voir la Cité Radieuse, je ne sais pas si j'irai un jour, je me sentirais voyeuse, maintenant.
Et n'oubliez tout de même pas d'être bienveillants avec vous-même ; ce n'est pas parce que certains souffrent de chose plus "graves" que vous que votre souffrance ne mérite pas qu'on s'y attarde















A coeur ouvert
J'adore vraiment comme tu écris, Cathy. Ta force et ta douceur sont là, au fil des phrases, pointant sous les évocations. Vous avez souffert, et sûrement encore, mais vous me donnez l'impression d'être vos meilleurs thérapeutes, vos meilleurs soignants. Résilience, ça s'appelle, non ?
On s'ouvre une bouteille un de ces jours ? Ou un café-croissants en terrasse ?
On pense vraiment beaucoup à vous trois et à vos beaux carnets.