L'épicerie de l'orage

Le blog de la maison d'édition jeunesse l'épicerie de l'orage, petite fabrique d'objets (en papier) pour penser (le monde)

lundi 17 mai 2010

soutien aux éditions Être

Le Sourire qui mord... Punaise. Revoir ce nom, tout à coup, me projette des années en arrière : quand on écumait les salons et les fêtes du livre jeunesse, de Montolieu à Quétigny, avec Martine, Marie, Christian et quelques autres fous-dingues de la littérature enfantine, avec la drôle d'idée d'en parler autrement.

L'idée de regarder l'enfant comme un être qui lit avant même de savoir lire, marqué par le récit et les images. Un être pour lequel on doit être exigeant dans ce qu'on lui propose. Pas un demi-niais à qui "on-doit-faire-des-coins-ronds-pour-pas-qu'il-se-blesse"...

Etre. Un être. A part entière. 

Aujourd'hui, Etre, la maison de Christian, est menacée. Et on a envie de lui renvoyer l'ascenseur. Parce que quelque part, il est de ceux qui sont à l'origine de ce désir d'édition d'un des deux épiciers. Parce que si je n'ai jamais lâché l'affaire du livre jeunesse, il y est sûrement pour quelque chose...

Jean-Marie Nazarenko, jadis rédacteur-en-chef d'Enfant d'Abord

___________________

Le risque ou dormir

C’était l’anagramme de mon ancienne maison d’édition

Le Sourire qui mord



Invité à débattre sur le thème « Résister, à quel prix ? » lors de la journée professionnelle organisée le 7 mai 2010 par la Fête du Livre de Villeurbanne, j’ai d’emblée, à la demande de Gérard Picot qui venait de l’apprendre, annoncé publiquement l’arrêt prochain des éditions Être.


Éditer depuis plus de trente-cinq ans, sans capital, des albums jeunesse singuliers plutôt exigeants a toujours relevé de l’aventure. Et sans le soutien attentif de nombre des partenaires de la chaîne du livre, les lois du marché auraient eu raison plus tôt de cet équilibrisme.


En des temps qui ne sont faciles que pour quelques nantis, qu’un léger fléchissement de la vigilance professionnelle puisse nous être fatal a pourtant suscité l’émotion. J’ai été très touché, sur place et depuis, par les nombreux encouragements à tenir et par l’engagement de ceux qui ne pouvaient se résoudre à ce que la présence de nos livres dans le paysage éditorial aux côtés des lecteurs jeunes et moins jeunes, ne soit pas assurée. Que faire ?


Je ne peux que vous inciter, les uns et les autres, à vous précipiter dans vos librairies préférées pour vous procurer les albums d’Être éditionspendant qu’il en est encore temps. Si une vague d’achats ne garantit peut-être pas la poursuite de l’activité, elle assurera un destin à des livres qui considèrent les enfants comme des lecteurs à part entière m éritant des points de vue non altérés sur le monde. Qu’ils puissent encore, ces albums, susciter de libres interprétations et la résistance à l’ordre des choses, je nous le souhaite. Et nous le devons aussi aux créateurs qui ont partagé le risque de ces aventures littéraires et humaines.


« Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience » écrit René Char.

Je vous remercie de la vôtre.

Et je n’ai pas sommeil…



Christian Bruel

10 mai 2010

contact@etre-editions.com

Être éditions

56, rue Ramus

75020 Paris

www.etre-editions.com


Rejoignez le groupe de soutien à Christian Bruel sur facebook :

http://www.facebook.com/group.php?gid=120683554618391&v=wall

 

Posté par marchandsdepices à 12:27 - les ailleurs - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :
Partager

Commentaires

    J' lache pas l'affaire !!

    Espèce en voie de disparation, gravisime, entre l'ours de Pyrénnées, la banquise et le boulanger de mon village. La terre et son humanité s'appauvrissent à vue d'oeil... ce n'est guère ce que je souhaitais léguer à mes enfants.
    Alors NOUS IRONS dans notre librairie chercher quelques bons titres de chez ces "combattants" de l'édition pour compléter notre collection. Un vrai acte citoyen et révendiqué, une petite fierté pour un bon moment de lecture et d'évasion.
    Et vous ?
    Stéphanie

    Posté par Stéphanie, jeudi 20 mai 2010 à 11:35
  • Je pensais justement faire un article sur le sujet et utiliser les claveloux. j'en relisais d'ailleurs quelques pages ce matin, ce qui m'a valu ce soir de sortir d'anciens sourire qui mord…

    Posté par nata, vendredi 21 mai 2010 à 00:07
  • J'en suis, évidemment !

    Posté par La Grenouille, samedi 22 mai 2010 à 21:33
  • Moi aussi!

    Posté par radzimire, lundi 24 mai 2010 à 20:43
  • "le sourire qui mord" je me rappelle c'était il y a tres longtemps une librairie jeunesse différente à Bordeaux et j'avais acheté : histoire de Julie qui avait une ombre de garçon(dépôt légal 197.
    Je l'ai encore et de temps en temps je tourne les pages et c'est toujours le même plaisir. J'aime vraiment.

    Posté par armandetlouise, dimanche 27 février 2011 à 19:35

Poster un commentaire