L'épicerie de l'orage

Le blog de la maison d'édition jeunesse l'épicerie de l'orage, petite fabrique d'objets (en papier) pour penser (le monde)

vendredi 16 avril 2010

il est pas propre, mon papier ?

Le travail avec les imprimeurs, ça approche. Chouette : on va parler d'objet-livre. De formats - on vous a déjà fait le pitch. De types de reliure - un post pour bientôt. Et de papier.
Là, franchement, on croyait tout savoir, ça paraissait simple et évident... mais patatras : quand on creuse un peu, l'affaire est nettement plus compliquée qu'il y paraît de prime abord. Et il ne s'agit pas du choix du grammage, plutôt évident quand on peut toucher les papiers et les comparer. Ni de sa "qualité" finale - couché, bouffant, mat ou brillant - un post là-dessus bientôt, aussi...
Non. En amont, une seule question centrale : un éditeur soucieux de limiter son empreinte carbone et d'être socio-écologiquement impeccable doit-il utiliser :
- du papier recyclé, à 50%, 90%, 100% ? A 100%, bien sûr. Les fibres "vierges", non recyclées, sont largement issues de forêts primaires qu'il faut préserver à tout prix. Mais il y a le problème du coloris, gris-beige, du pur papier recyclé... Et puis
la difficulté à le trouver à proximité du lieu de production du livre. Les fabricants ardennais et jurassiens ferment les uns après les autres. Et faire venir son papier en camion du Danemark ou... d'Inde... bof bof.
- alors du papier blanchi et désencré ? Pas blanchi, on l'a dit, il est gris, c'est un choix à l'impact graphique non négligeable... Mais désencré et blanchi au chlore, ultra polluant, c'est impossible. Blanchi sans chlore, alors ? En fait, le "sans chlore" est traité sans chlore gazeux, mais avec du dioxyde de chlore... Compliqué.
- du papier issu de forêts gérées durablement ? Pourquoi pas. Mais lesdites forêts, soit-disant gérées durablement, ont bien souvent pris la place des forêts primaires sibériennes ou Indonésienne, allègrement massacrées auparavant...
- du papier labellisé ? Oui, bien sûr, mais les labels sont trop nombreux et certains de ceux qui garantissent la fameuse "gestion durable" sont au cœur de scandales.
La réponse, on le voit, n'est pas univoque. Même si elle tend vers un idéal...
Au début , nous voulions simplement réfléchir à notre trace sur la planète. Nous allons être de gros consommateurs de papier et il nous semblait impossible de passer à côté de ce questionnement. Et nous nous rendons compte, maintenant, que nous ne sommes pas au bout de nos peines... ni sans doute des compromis à faire. La question se reposera, avec l'encre, avec le lieu d'impression. Nous vous dirons à chaque fois nos doutes... et nos choix !

Posté par marchandsdepices à 17:19 - les [futurs] premiers livres - Commentaires [2] - Permalien [#]
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